L'histoire des bâtiments et institutions chrétiens dans les ressources numériques de NordNum
Le 10/07/2020 à 14h10 par Corinne Helin
Résumé

De nouvelles ressources viennent compléter la sous-catégorie « Histoire des bâtiments et institutions chrétiens » de la catégorie « Religion chrétienne » de la bibliothèque numérique NordNum. Plusieurs de ces ressources vont vous être présentées dans ce billet de blog.

La sous-catégorie « Histoire des bâtiments et institutions chrétiens » se compose de monographies sur l’histoire des églises de notre région, datant principalement de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle et rédigées par des historiens locaux comme l’Histoire de la paroisse de Saint-André à Lille de Jules Dewez (1899-1900), l’Histoire de l’église et de la paroisse du Sacré-Cœur de Lille de Louis Quarré-Reybourbon (1898), l’Histoire de Notre-Dame de Boulogne et de son pèlerinage de François A. Lefebvre (1894), l’Histoire de l’abbaye d’Auchy-les-Moines d’Adolphe de Cardevacque (1875) ou encore l’Histoire de l’église collégiale et du chapitre de Saint-Pierre de Lille d’Édouard Hautcoeur (1896-1899). Nous allons vous présenter quelques unes de ces œuvres.

 

1. Histoire de l’église et de la paroisse du Sacré-Cœur de Lille par Louis Quarré-Reybourbon.

 

Le premier ouvrage présenté ici est un ouvrage de Louis Quarré-Reybourbon sur l’histoire de l’église et la paroisse du Sacré-Cœur de Lille[1].

Louis Quarré-Reybourbon était un historien, né à Lille le 11 septembre 1824 et mort à Lille le 25 décembre 1906. Il fut membre de plusieurs sociétés savantes dont la Commission historique du département du Nord [2]. Il a également été libraire à Lille où il tenait la librairie du « Soleil d’Or » sur la Grand Place[3]. Il a rédigé plusieurs ouvrages en archéologie, art, architecture et notamment cet ouvrage sur L’histoire de l’église et la paroisse du Sacré-Cœur de Lille. La bibliothèque numérique NordNum possède d’autres études de cet auteur, Journal du voyage du roy de Flandre (1883), Desséchement des wateringues et des moëres dans l’arrondissement de Dunkerque (1893), Une impression lilloise à gravures sur bois (1903).

 

Cet ouvrage sur l’église et la paroisse du Sacré-Cœur de Lille est une « contribution à l’oeuvre des monographies paroissiales instituée par Mgr Marie-Alphonse Sonnois, archevêque de Cambrai, en 1897, durant le Congrès d’art chrétien et d’histoire religieuse »[4]. Il a été écrit grâce aux documents réunis par Louis Quarré-Reybourbon, qui était également un collectionneur, et des sources confiées par d’autres personnalités notamment l’abbé de Vicq, ancien vicaire du Sacré-cœur, le chanoine Brande, curé et l’abbé Bauduin, vicaire de la paroisse[5]. Dans cet ouvrage, Louis Quarré-Reybourbon retrace la construction de l’église du Sacré-Cœur de Lille et la vie paroissiale notamment les différentes confréries présentent dans cette église, les œuvres paroissiales, de persévérance, les écoles des filles et celles des garçons.

C’est à l’occasion de la guerre franco-prussienne que fut demandée l’érection de l’église du Sacré-Cœur de Lille le 21 octobre 1870 par l’association des Enfants de Marie du Sacré-Cœur[6]. En 1871, un terrain situé à l’intersection de la rue Nationale et de la rue Solférino est acheté pour la construction de la nouvelle église consacrée au Sacré-Cœur[7]. Une chapelle provisoire est alors construite, elle est bénie le 25 mai 1872[8]. Le 22 janvier 1874, le maréchal de Mac-Mahon, président de la République, signe le décret érigeant en chapelle de secours l’église du Sacré-Cœur de Lille[9]. Le 27 février 1875, M. Batigny est choisi comme architecte de l’église et M. Carlier comme entrepreneur[10].

L’église du Sacré-Cœur fut construite en brique et s’inspire des églises gothiques du XIIIe siècle. Elle se compose d’une nef avec bas-côtés et chapelles adjacentes, le chœur se termine par le maître-autel destiné au Saint-Sacrement. L’abside renferme trois chapelles, la chapelle qui occupe le chevet, dite chapelle du vœu, est destinée au Sacré-Cœur ; celle de gauche à la Vierge et celle de droite à saint Joseph. Le clocher est disposé sur la façade principale [11].

 

Vue intérieur de l'église du Sacré-Coeur

 

Les onze verrières représentent : le Sacrifice d’Abraham et Moïse frappant le rocher de sa verge, la Samaritinae au puits de Jacob et le Miracle de la multiplication des pains ; Madeleine aux pieds de Jésus, personnifiant la pénitence, et saint Jean-Baptiste, représentant l’innocence ; Longrin perçant de sa lance le cœur de Jésus et saint Thomas reconnaissant la plaie de Notre-Signeur ; enfin, de chaque côté de l’autel, un ange offrant au Sacré-Cœur le plan de la chapelle et la France repentante faisant hommage de la basilique de Montmartre[12]. La bénédiction de l’édifice a lieu le 17 juin 1898.

 

« L’église votive du Sacré-Cœur étant achevée (sauf le clocher auquel on travaille activement) on songea à la bénédiction de ce splendide édifice, en attendant et en espérant dans l’avenir la consécration liturgique. Quel jour pouvait-on préférer au jour même de la fête du Sacré-Cœur, vendredi 17 juin ? Cette date coïncidait d’ailleurs avec le 25e anniversaire de l’installation du premier curé de la paroisse, M. le chanoine Brande.

Aussitôt que la double fête de la bénédiction et du jubilé fut annoncée, ce fut une joie immense dans toute la paroisse, et de tous côtés, les humbles offrandes, comme les dons princiers, affluèrent pour donner à la chère église l’ornementation et le mobilier dignes de la touchante cérémonie qui se préparait.[13] »

 

2. Histoire de l’abbaye d’Auchy-les-Moines par Adolphe de Cardevacque.

 

Le deuxième ouvrage présenté dans ce billet est celui d’Adolphe de Cardevacque sur l’abbaye d’Auchy-les-Moines[14].

 

Adolphe de Cardevacque était un érudit, archéologue et historien local[15], né le 29 septembre 1828 à Calais et mort le 27 décembre 1899[16]. Il fut, lui aussi, membre de plusieurs sociétés savantes dont la Commission des Monuments historiques du Pas-de-Calais. Il a écrit plusieurs ouvrages sur des édifices religieux de la région dont deux présents dans la bibliothèque numérique NordNum : une Histoire de l’abbaye de Cercamp : ordre de Citeaux, au diocèse d’Amiens (1878) et une Histoire de l’abbaye d’Auchy-les-Moines qui a été couronnée par la Société académique de Boulogne-sur-Mer.

 

Cet ouvrage retrace l’histoire de l’abbaye d’Auchy-les-Moines de son origine à la Révolution française. Auchy-les-Moines, appelée aujourd’hui Auchy-lès-Hesdin, est une commune du Pas-de-Calais qui se situe dans le territoire des sept vallées, près d’Hesdin. L’abbaye d’Auchy-les-Moines fut détruite par les Normands[17]. Adroald pour se racheter, fit don de sa villa d’Auchy à saint Bertin en 654, qui y installa un oratoire, puis un monastère pour jeunes filles[18]. Ce monastère fut détruit par les Normands en 881[19]. La restauration de l’abbaye d’Auchy fut entreprise par l’abbé Gérard au Xe siècle sous le règne d’Arnould-le-Grand. Il y fit installer des Bénédictins[20]. En 1065, Gauthier Ier forma le projet de reconstruire le monastère sur les ruines de l’ancien. Le comte Enguerrand, fils de Gauthier, et son épouse Mathilde achevèrent la reconstruction entamée par Gauthier Ier[21]. Cette fondation fut approuvée par Hubert, évêque de Thérouanne, par une charte de 1079[22].

 

« Favorisés par la comtesse Mahaut, qui leur avaient fait d’importantes donations, les moines s’engagèrent par lettres du 16 mars 1320, à célébrer perpétuellement un anniversaire solennel pour l’âme du comte Robert et une messe du Saint-Esprit au temps de la Pentecôte pour la comtesse. Cette messe devait être remplacée après sa mort par un service anniversaire et solennel le jour de son décès[23] »

 

 

Adolphe de Cardevacque énumère ensuite les différents abbés qui se sont succédés, les événements qui se sont passés jusqu’à la Révolution française. « Le décret du 13 février 1790 ayant supprimé les ordres religieux et les vœux monastiques, les moines d’Auchy furent chassés de leur abbaye et forcés de s’exiler ou de prêter le serment constitutionnel »[24]. Les biens du monastère furent séquestrés et les bâtiments mis en vente, le 13 avril 1791[25]. La commune pris alors le nom d’Auchy-les-Hesdin[26].

 

3. Histoire artistique de la cathédrale de Cambrai par Jules Houdoy

 

Le dernier ouvrage présenté dans ce billet est celui de Jules Houdoy sur l’histoire artistique de la cathédrale de Cambrai[27].

 

Jules Houdoy était un historien et archéologue, né à Lille en 1818 et mort en 1882[28]. Il fut président de la Société des Sciences et des Arts de Lille et membre correspondant du Ministère de l’Instruction publique pour les travaux historiques. La bibliothèque numérique NordNum possède d’autres ouvrages de Jules Houdoy comme La halle échevinale de la ville de Lille, 1235-1664 (1870) ou Histoire de la céramique lilloise précédée de documents inédits (1869).

 

Jules Houdoy a rédigé son ouvrage sur l’histoire artistique de la cathédrale de Cambrai à partir des archives mêmes de la cathédrale[29]. Il a ainsi pu traiter l’histoire du monument et des richesses artistiques qu’il renfermait. En 1825, A. Le Glay avait rédigé un ouvrage sur l’histoire religieuse de ce monument[30].

Des incendies successifs ont détruit l’église primitive, dont la fondation remonterait au IVe siècle[31]. Elle fut reconstruite par Saint-Vaast au VIe siècle et par l’évêque Gérard second. Elle fut de nouveau détruite par un incendie en 1148. Nicolas de Chièvre entreprit alors sa reconstruction sur un plan nouveau[32]. La cathédrale fut bâtie sur un plan en forme de croix latine. À la fin du XIIe siècle, la partie romane de l’église est achevée. Elle comportait un portail flanqué de deux tourelles en saillie, une nef principale composée de onze travées avec ses collatéraux et un transept arrondi[33]. La construction du chœur et des cinq chapelles fut commencée en 1230, dans le premier style gothique. Le chœur gothique était séparé de la nef par un jubé[34].

 

 

Jules Houdoy décrit ensuite les monuments et œuvres dont fut dotée la cathédrale notamment une horloge astronomique du début du XIVe siècle. Cette horloge « mettait en mouvement des petits personnages qui exécutaient les scènes de la passion. En 1396, le monument fut surmonté d’un ange sculpté, qui se tournait vers les quatre points cardinaux et sonnait de la trompette »[35]. Au XIVe siècle, Pierre Dailly, évêque de Cambrai, fit construire son tombeau au sein de la cathédrale, au fond du chœur sous l’autel de Requiem. « Sur la pierre qui recouvrait le caveau destiné à sa sépulture, Pierre Dailly se fit représenter couché et revêtu de ses habits pontificaux »[36]. Au XVIe siècle, le chapitre choisit Jehan Bellegambe pour poursuivre l’embellissement de la cathédrale[37].

La fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle voit la suppression du jubé ainsi que des tombeaux de Pierre Dailly, Jehan de Lens, Jehan de Bourgogne et de nombreuses autres oeuvres ; les vitraux furent remplacés par des vitres et les murs et les fresques recouverts de chaux[38]. La cathédrale fut détruite à la fin du XVIIe siècle. Elle fut vendue, pour être démolie, le 6 juin 1796[39].

 

« En lisant l’énumération si longue des objets d’art qui sont successivement entrés dans la cathédrale, je me suis dit bien des fois que si les révolutions, et le mauvais goût, plus destructeur que le temps, avaient réspecté ces richesses, nous posséderions, dans ce monument, un musée sans pareil, qui eut montré à tous les yeux l’histoire et les transformations de l’art flamand, dans toutes ses branches[40]. »

 

Liste non exhaustive des ressources sur l’histoire des bâtiments et institutions religieuses dans NordNum :

 

[1] Quarré-Reybourbon L. L’église et la paroisse du Sacré-Cœur de Lille. Lille : Imp. Lefebvre-Ducrocq, 1898, 140 p. XXV p. de pl.

[4] Quarré-Reybourbon, 1898, p. [II].

[5] Quarré-Reybourbon, 1898, p. [II].

[6] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 5.

[7] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 10.

[8] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 12.

[9] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 18.

[10] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 25.

[11] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 42.

[12] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 45.

[13] Quarré-Reybourbon, 1898, p. 50.

[14] CARDEVACQUE Adolphe de. Histoire de l’abbaye d’Auchy-les-Moines. Arras : Sueur-Charruey, lib.-éd., 1875, 255 p.-[2] p. de pl.

[17] Cardevacque (de), 1875, p. [5].

[18] Cardevacque (de), 1875, p. 6.

[19] Cardevacque (de), 1875, p.27.

[20] Cardevacque (de), 1875, p. 31.

[21] Cardevacque (de), 1875, p. 36.

[22] Cardevacque (de), 1875, p. 39.

[23] Cardevacque (de), 1875, p. 92-93.

[24] Cardevacque (de), 1875, p. 159.

[25] Cardevacque (de), 1875, p. 159.

[26] Cardevacque (de), 1875, p. 162.

[28] https://fr.wikipedia.org/wiki/Jules_Houdoy

[29] Houdoy, 1880, p. 2.

[30] Houdoy, 1880, p. 2.

[31] Houdoy, 1880, p. 19.

[32] Houdoy, 1880, p. 20.

[33] Houdoy, 1880, p. 21-22.

[34] Houdoy, 1880, p. 25.

[35] Houdoy, 1880, p. 49-50.

[36] Houdoy, 1880, p. 54.

[37] Houdoy, 1880, p. 107.

[38] Houdoy, 1880, p. 146.

[39] Houdoy, 1880, p. 150.

[40] Houdoy, 1880, p. 152.

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