L'histoire des villes dans les ressources numériques de NordNum
Le 09/12/2019 à 13h28 par Corinne Helin
Résumé

De nouvelles ressources viennent compléter la catégorie « Histoire des villes » de la bibliothèque numérique NordNum. Plusieurs de ces ressources vont vous êtes présentées dans ce billet de blog.

La catégorie « Histoire des villes » se compose de monographies, généralement rédigées par des historiens locaux qui retracent l’historique de leurs villes des origines jusqu’à nos jours, l’évolution économique, sociale, l’organisation,  les différentes institutions et monuments que l’on peut y rencontrer.
C’est le cas de Jean Lambert Derheims, pharmacien à Saint-Omer, membre fondateur de la Société académique des antiquaires de la Morinie, membre de la Société académique du Boulonnais et de la Société d’agriculture de l’arrondissement de Saint-Omer qui a écrit une Histoire civile, politique, militaire, religieuse, morale et physique de la ville de Saint-Omer en 1843[1]. C’est également le cas d’Eugène Tailliar, juriste, conseiller à la Cour royale de Douai, historien qui est l’auteur de plusieurs études d’histoire locale dont Chroniques de Douai (1875-1877), Recherches pour servir à l’histoire de l’Abbaye de St-Vaast d’Arras jusqu’à la fin du XIIe siècle (1859)[2]. Ou encore, le cas de Léopold Auguste Warnkoenig, juriste et historien du droit qui a également rédigé de nombreuses études d’histoire locale notamment une Histoire de la ville de Bruges (1850), une Histoire administrative et constitutionnelle des villes et châtellenies d’Ypres : Cassel, Bailleul et Warneton jusqu’en l’an 1305 (1864), et  Histoire constitutionnelle et administrative de la ville de Gand et de la chatellenie du Vieux-Bourg jusqu’à l’année 1305 (1846).

 

Voici une description de certaines de ces ressources dernièrement ajoutées sur NordNum :

- CHUQET Arthur. Valenciennes (1793). Pris : Lib. Léopold Cerf, 1894, 359 p.

 

Arthur Chuquet est un historien français, spécialiste de la révolution française. Il est né le 1er mars 1853 à  Rocroi et meurt le 7 juin 1925 à Villemomble[3]. Cet ouvrage fait parti de la quatrième série de la collection Les guerres de la Révolution. Arthur Chuquet y relate les revers de l’armée du Nord depuis la trahison du général Charles François Dumouriez en avril 1793 et la prise de Valenciennes par l’armée autrichienne.

 

Après la débâcle des armées du Nord et des Ardennes qui se réfugièrent vers Valenciennes, Douai et Lille, le général Dampierre qui commandait la place forte du Quesnoy fut nommé à la tête de l’armée du Nord le 4 avril 1793 en remplacement de Dumouriez[4]. Mais après avoir ordonné à son armée d’occuper le camp de Famars près de Valenciennes[5], Dampierre subit un échec du côté de Saint-Amand et fut vivement critiqué par ses généraux pour les décisions qu’il avait prises[6]. Il meurt, le 8 mai 1793 en tentant de s’emparer du village de Raismes, touché par un boulet de canon qui lui emporta la cuisse  :

 

« Dampierre dirigeait une colonne au milieu des bois  et, animé par la lutte, enflammé d’ardeur et ne songeant plus qu’au succès, il appelait à son aide tout ce qui restait de troupes au camp de Famars. Les Autrichiens ne possédaient plus que le village et une redoute entre Anzin et Petite-Forêt, au lieu dit Bonne-Espérance. Dampierre voulut brusquer la prise d’ouvrage. En vain les représentants Bellegarde, Cochon, Courtois, Du Bois du Bais lui remontraient qu’il exposait sa vie. En vain le général Davaine et l’aide-de-camp Voillot lui retenaient la bride de son cheval. Il courut se mettre à la tête des assaillants. Un boulet de canon lui emporta la cuisse. Il tomba en disant à ceux qui s’empressaient autour de lui : Vive la Nation, vive la République »[7].

 

Dampierre fut remplacé par le général Lamarche qui décida de se retrancher dans le camp de Famars et de le fortifier [8]. Mais le camp de Famars fut attaqué par les troupes prussiennes. Lamarche, contesté, fit quitter le camp à ses troupes pour se replier sur Bouchain[9]. Après cet échec, Lamarche décida de ne plus commander cette armée dont il n’avait jamais souhaité le commandement.

 

 

Il fut remplacé par le général Custine le 13 mai 1793 qui eut pour tâche « de réorganiser l’armée du Nord, de la discipliner, de l’installer dans de sûres et solides positions »[10]. L’armée est positionnée au camp de César installé sur un plateau à Paillencourt,  d’où elle assiste de loin au siège de Valenciennes[11]. Custine est aux prises avec le ministre de la guerre Bouchotte après avoir décidé le 5 juin 1793 « de fusiller quiconque serait pris fuyant ou autorisant la fuite d’un soldat, quiconque donnerait un congé absolu ou limité, quiconque aurait ou signerait une permission pour aller aux eaux »[12]. Custine se révolte ouvertement contre Bouchotte et refuse d’obéir à ses ordres. Il décide de dégarnir la forteresse de Lille afin d’augmenter ses troupes et demande à Favart, gouverneur de Lille, trente-huit canons et huit obusiers pour le camp de César et trente autres pièces pour le camp de La Madeleine[13]. Favart s’élève contre cette décision. Bouchotte informe le Comité du salut public du comportement de Custine, qui se rend à Paris le 18 juillet 1793 où il interpella Bouchotte :

 

« … Votre intention secrète est de me perdre et de me perdre seul. Mais ne risquez-vous pas de compromettre le salut de la République ? Vous avez pensé que je laisserais mon armée périr sans me plaindre. Non, non, vous ne ferez pas le mal impunément ; j’ai écrit contre vous, je vous ai dénoncé, j’ai essayé de montrer dans quelles mains pitoyables était tombée l’administration de la guerre. Obéissez à Vincent puisque votre faiblesse et votre intérêt vous condamnent à cette soumission ; mais moi, tant que je serai revêtu d’un commandement en chef, je me croirai au-dessus d’un de vos commis ! »[14].

 

Le 22 juillet, Custine est arrêté. La convention décrète que le général sera traduit devant le tribunal révolutionnaire pour trahison, il a la tête tranchée le 28 août 1793. [15].

Condé capitula le 13 juillet, les Autrichiens firent leur entrée dans la ville. De son côté, Valenciennes était assiégée par l’armée de Cobourg dirigée par le duc d’York[16]. Elle fut bombardée et son arsenal incendié, elle capitula le 28 juillet[17] :

 

« A deux heures de l’après-midi, le duc d’York, Cobourg, l’archiduc Charles et les officiers supérieurs de l’armée combinée faisaient leur entrée dans Valenciennes. »[18]

 

- JOIRE Abel. Histoire de la ville d’Armentières pendant la Révolution. Lille : Quarré, 1876, 218 p.

 

Abel Joire était médecin et aliéniste. Il est né à Armentières le 05 septembre 1813 et mort à Lille le 01 janvier1892[19]. Il écrit son ouvrage sur l’Histoire de la ville d’Armentières pendant la révolution en hommage à l’un de ses ancêtres, Pèlerin-Guy Joire, victime dans l’affaire dite d’Armentières. C’est cet événement qui est relaté dans la quasi-totalité de l’ouvrage.

Son grand-père, Pèlerin-Guy Joire, receveur des impôts d’Armentières, fut condamné à la peine de mort par le Tribunal révolutionnaire de Paris le 18 octobre 1793, exécuté le lendemain sur la place de la Révolution, convaincu d’avoir participé à des manœuvres et intelligences tendant à livrer la ville d’Armentières aux ennemis[20]. L’affaire d’Armentières entraîna la condamnation à mort de quatre bourgeois de la ville, la détention de plusieurs autres et l’acquittement de quelques uns. Les biens des quatre familles des condamnés furent confisqués. Un an après le jugement fut annulé, les propriétés confisquées non vendues remises et la valeur des biens meubles vendus immédiatement après le décès fut remboursée en assignats[21].

 

 

Cet ouvrage a été écrit par Abel Joire à partir de ses propres souvenirs, d’un dossier complet du jugement et de la condamnation à mort de l’affaire dite d’Armentières et d’un journal manuscrit portant sur les événements qui se sont déroulés à Armentières pendant la période révolution corroborés par des documents dépouillés aux Archives du Nord[22].

 

Abel Joire relate chronologiquement les événements qui se sont déroulés à Armentières pendant la période révolutionnaire et principalement l’affaire dite d’Armentières.

 

« Le 16 juin, la municipalité fait arrêter au milieu de la nuit et conduire dans la maison des Bons-Fils onze bourgeois de la ville connus surtout pour leur probité et leur attachement à la religion catholique, c’étaient : Louis-Xavier Bayart, Pierre-François Malingié, Pierre-François Fenant, Antoine Delettré, Alexis Devos, Pèlerin-Guy Joire, François-Xavier Plankaert, Paul Clarisse, André Meurillon, Charles-Louis Lefebvre, Etienne Dufraisnoy, chirurgien.

Ce dernier, dans une tentative d’évasion pour atteindre la frontière, fut tué d’un coup de fusil… »[23].

 

Selon Abel Joire, la municipalité d’Armentières invente une prétendue conspiration ayant pour objet de livrer la ville à l’ennemi afin de se débarrasser des personnes influentes pouvant leur porter ombrage[24]. Cette conspiration implique les dix bourgeois arrêtés le 16 juin et quinze autres personnes qui furent tous arrêtés le 15 septembre et jugés par le Tribunal révolutionnaire de Paris :

 

« Le tribunal, après avoir entendu l’accusateur public sur l’application de la loi, condamne Pierre-François Malingié, Pèlerin-Guy Joire, Paul-François-Joseph Clarisse, Antoine-François-Joseph Delettré, à la peine de mort, conformément à l’article 1 du titre Ier de la 1ère section de la 2e partie du Code pénal »…

« Déclare les biens desdits Malingié, Joire, Clarisse et Delettré acquis à la République »…

« Faisant droit sur les plus amples conclusions de l’accusateur public, ordonne qu’Antoine-Jos Rouzé, Antoine Carpentier, J.-B.-Jos. Blauwart, Xavier-Jos. Plankaert, Pierre-Franç.-Jos. Benoît et Constant Benoît Salon, seront mis en arrestation jusqu’à la paix, comme suspects…

« L’accusateur public n’empêche que Demay et Beaucamps soient mis en liberté...

Ordonne qu’à la diligence de l’accusateur public, le présent jugement, quant aux condamnés à la peine de mort, sera exécuté le 28 du 1er mois, sur la place de la Révolution de cette ville, imprimé, publié et affiché dans toute l’étendue de la République[25] ».

 

- LEURIDAN Théodore. Histoire de Linselles. Lille : Imp. L. Danel, 1883, 261 p.

 

Théodore Leuridan est né à Roubaix le 16 septembre 1819 et mort en 1900[26]. Il était archiviste de la ville de Roubaix, membre de la Société des Sciences de Lille et de la Commission historique du Nord.

Il retrace dans son ouvrage l’histoire de la commune de Linselles de ses origines jusqu’à la fin du XIXe siècle à partir d’archives de la ville antérieures à 1790 dont le classement et l’inventaire lui ont été confiés.

 

Théodore Leuridan présente dans une première partie la seigneurie de Linselles dont il énumère les différents seigneurs qui se sont succédés à sa tête avec notamment les maisons de Waziers, d’Halluin, de Mortagne dite d’Espierres, du Chastel de la Hovardrie, de Hames, d’Oignies, de Mérode et enfin de Vilain de Gand. Il indique les franchises, droit et devoir de la communauté envers son seigneur ainsi que les tribunaux compétents à ce sujet : le tribunal criminel et féodal du seigneur sous le ressort de la haute cour de Mons et le tribunal civil et cottier sous le chef-lieu et ressort des prévôts. Il présente le personnel de la justice seigneuriale (échevins, corps municipal, baillis, lieutenants, échevins,…), les différentes immunités possibles (aides du souverain, droit d’asile, impôts, contributions de guerre, charges communales…) et les diverses institutions présentes à Linselles (draperie, notaires, garde nationale, poste et télégraphe,…).

 

 

La deuxième partie de cet ouvrage est consacré à l’église Notre-Dame de Linselles, aux différentes institutions religieuses et charitables présentes et aux écoles dans la ville. De l’église du XIIe siècle, il ne reste rien. La partie la plus ancienne de l’église date du XIVe siècle.

 

« Telle qu’elle est aujourd’hui, l’église de Linselles forme à peu près la croix, mesurant en longueur 52 mètres, et en largeur 23 mètres 50 centimètres dans les deux bras de la croix, 19 mètres dans le reste du vaisseau. Le chœur se termine extérieurement à pans coupés. Deux rangs de colonnes cylindriques à bases relevées, mais sans sculptures, et à chapitaux simples, soutiennent l’édifice éclairé par vingt fenêtres dont la hauteur est double de la largeur et dont les unes se terminent en cintre et les autres, plus anciennes en ogive. La tour carrée élevée à l’entrée de l’église, est surmontée d’une flèche en bois recouverte en ardoises. - C’est ainsi que l’église est décrite par M. le Curé de Linselles, répondant, en 1842, au questionnaire dressé par la Commission historique du Nord et transmis par Mgr l’Archevêque de Cambrai à toutes les cures du diocèse. »[27]

 

L’église renferme, dans la chapelle de Notre-Dame, la tombe de Martin de Hames, Seigneur de Linselles, mort le 15 juillet 1544[28].

 

 

Plusieurs institutions religieuses et charitables étaient présentes à Linselles. Notamment, pour les institutions religieuses, le culte de Notre-Dame (Notre-Dame était la patronne de la paroisse, l’église lui était dédiée ainsi qu’une chapelle et une dizaine d’autres sur le territoire[29]), la confrérie du Rosaire qui a pour objet d’honorer les quinze principaux mystères de la vie du Christ et la Vierge Marie et qui remonte aux dernières années du XVIe siècle[30], la Vierge miraculeuse. Et pour les institutions charitable, Linselles possédait un bureau de bienfaisance, un hospice qui vit le jour en 1852 grâce à un don au bureau de bienfaisance de Mme Marie-Joseph Leduc, veuve de M. André Vermeersch[31], un orphelinat des jeunes filles pauvres fondé en 1863, une caisse d’épargne inaugurée le 10 janvier 1868 et une société de secours mutuels qui s’est établie à Linselles en 1843[32]. À la fin du XIXe siècle, la ville de Linselles possédait deux écoles, une école de garçons dirigée par les frères de Beaucamps, et une école de filles, dirigée par les religieuses de l’Enfant-Jésus[33].

 

La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à un historique de la ville de Linselles depuis la domination espagnole au XVIe siècle jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ainsi Théodore Leuridan relate les événements qui se sont produits à Linselles pendant la période révolutionnaire entre l’Armée du Nord et les troupes prussiennes et anglaises et notamment la reprise de la ville aux armées prussiennes par le général Jourdan :

 

 « Le 17 août [1793], le prince d’Orange, dont les avant-postes étaient sans cesse harcelés, profite de la proximité de l’armée anglaise pour se porter sur Linselles et le Blaton. Après une vive résistance les deux retranchements, attaqués par des masses aux ordres de ce prince et du prince de Waldeck, sont emportés. Les vainqueurs, ignorant l’approche du général Jourdan, arrivé le jour même à la hauteur de Lille, rentrent dans leurs positions, ne laissant que deux bataillons à la garde de leur conquête. Instruit de cette retraite, Jourdan, qui, à la première nouvelle de l’échec éprouvé à Linselles était accouru au secours de la division Beru, dirige un fort détachement sur les postes dont l’ennemi s’était emparé. Nos soldats brûlaient du désir de venger leur défaite du matin ; ils tournent les retranchements de Linselles, fondent avec impétuosité sur les deux bataillons chargés de la défense et massacrent tout ce qui ne parvient pas à fuir. Dans le même temps, le tranchement du Blaton, était aussi repris à la baïonnette par le général de brigade Macdonald. Un général et deux colonels ennemis périrent dans ces deux attaques[34]. »

 

Liste non exhaustive des nouvelles ressources sur l’histoire des villes dans NordNum :

 

 

[1] https://cths.fr/an/savant.php?id=107861 [consulté le 06/12/2019]

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